Arno Marvillet

ARNO MARVILLET

DSC_0206Hommage à un grand artiste

« Muco vie si t’oses »

Chronique d’un mal chronique. La mucovicidose n’a rien pour elle…
Le témoignage d’Arno est un symbole. Celui de la première véritable génération d’adultes «muco », confrontés aux affres et aux bonheurs de la vie sociale.
Impensable, 10 ans plutôt, pour des raisons évidentes d’espérance de vie. De tâtonnements en fausses pistes, de premières mondiales en essais thérapeutiques, la médecine est parvenue à nous faire passer le cap des 25 – 30 ans. Et nous voilà débarquant- essoufflés – dans la grande vie, en guise de mode d’emploi tout un fatras d’ordonnances. Bourrés d’inquiétudes, d’espoirs, de contradictions, d’envies et déjà de regrets.
Arno nous raconte tout cela via l’objectif complice de Jacques-Henri Biderman. Complice, mais cru, le photographe tient ici son vrai rôle : celui d’une plaque sensible, il met en lumières- et non en scène – la complexité d’un homme.
Arno s’expose en puzzle déchirant de réalisme. Assez incomplet pour rester pudique, mais trop précis pour laisser indifférent. Chronique morcelée d’un quotidien sans routine, où chaque jour ressemble à celui qui le vit. Tantôt exsangue, pathétique et blême, tantôt fougueux et rageur, serein et détaché.
Arno pourrait se faire petit, remercier Dieu, la médecine et son infirmière (ce qu’il fait fort bien !), vénérer la sécurité sociale et l’industrie pharmaceutique. Il préfère gueuler qu’il en veut davantage. L’apéro, le plat de résistance et le dessert avec !
Nous respirons peu, mais nous vivons fort. Qu’on se le dise.